Hollywood au pied du terril

(the making of "Lust for Life" in the Borinage, September 1955)

 

 

Voir le documentaire complet : 

http://www.rtbf.be/video/detail_hollywood-au-pied-du-terril?id=2040186

 




           
RTBF                                           

                       

              26 septembre 1955 : Kirk Douglas a pris froid            

                                         
           
            26 septembre 1955 : descente très physique du terril pour un Kirk Douglas accablé d'une angine        
                     4 images                                                                                  26 septembre 1955 : descente très physique du terril pour un Kirk Douglas accablé d'une angine - © Archives Warner    
                          
   

Aujourd'hui, et malgré une journée de repos hier, Kirk Douglas est arrivé sur le plateau de "La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh" avec une angine. Le docteur Brouillart, d'Hornu, lui avait prescrit le plus grand repos, mais le retour vers les États-Unis est proche et le tournage ne peut se permettre de prendre du retard.

Ironie du sort, c'est aujourd'hui qu'est prévue la scène la plus physique de la partie belge du tournage. Sous les traits du célèbre peintre, Douglas doit dévaler la pente escarpée d'un terril, au milieu d'une foule de femmes et d'enfants. Ce passage fait écho au témoignage du jeune Jean-Pierre Bertiaux, que nous vous livrions le 23 septembre dernier.

                          Kirk Douglas avait une angine le 26 septembre                                                                                                                                Kirk Douglas avait une angine le 26 septembre  - © Archives Warner            
                         La descente du terril                                                                                                                                La descente du terril  - © Archives Warner            
   

Sur l'heure de midi, une réception était prévue à la Maison Communal d'Hornu, en présence notamment du bourgmestre et sénateur Gilbert Lemal.

Les américains ont fait grand bruit en arrivant en tenue de travail! Le réalisateur Vincente Minnelli, en particulier, portait une simple salopette toute crottée du travail du matin sur le terril. Il était accompagné de messieurs Houseman, producteur, Derode, chef de production pour la France et la Belgique, et Kaplan, chef de production américain. Quant à Kirk Douglas, il était aux abonnés absents, son angine ayant définitivement eu raison de sa journée de tournage.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, M.Lemal a déclaré: C'est très gentil d'avoir choisi la commune d'Hornu pour vous installer et d'y avoir pris de la figuration locale. Vous avez créé ici une ambiance d'une animation dont s'est réjouie toute la population. Soyez persuadé que quand "Just For Life" passera à Hornu, nous donnerons à cet événement une ampleur peu commune, a-t-il conclu en écorchant un peu le titre anglais du film, "Lust For Life" (que l'on pourrait traduire par "La Rage de Vivre").

                          La fin du tournage avec ou sans Kirk Douglas ?                                                                                                                                La fin du tournage avec ou sans Kirk Douglas ?  - © Archives Warner            
   

Le tournage a ensuite pu reprendre au pied du terril. Avec ou sans Kirk Douglas? On ne le sut pas…

       
     

Voir l'article complet (RTBF) :

http://www.rtbf.be/culture/cinema/detail_26-septembre-1955-kirk-douglas-a-pris-froid?id=9089350

 

 

Suivre "Kirk Douglas en tournage au Borinage" sur FAcebook :

https://www.facebook.com/KirkDouglas.en.tournage.au.Borinage?fref=photo

 

 


 

 

 Mons 2015

Hollywood au pied du terril

 

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Info :http://www.mons2015.eu/fr/hollywood-au-pied-du-terril

 

Trailer : http://www.arte.tv/arte_vp/index.php?json_url=http%3A%2F%2Farte.tv%2Fpapi%2Ftvguide%2Fvideos%2Fstream%2Fplayer%2FF%2F041544-000_PRCF0130-F%2FALL%2FALL.json&lang=fr_FR&config=arte_tvguide&share=1#.VOsZAbxRnzQ.gmail

 

 


 

                      
L'Avenir  
Mise à jour : lundi 23 février 2015 05h01                    
               
                                               DOCUMENTAIRE                               

Van Gogh ou Hollywood au pied du terril                

                                       
           
   
               
       
            En 1956, Kirk Douglas était dans le Borinage pour tourner une bio de Vincent Van Gogh.        
       
           

                En 1956, Kirk Douglas était dans le Borinage pour tourner une bio de Vincent Van Gogh.            

                © ARD/Degeto Film                               
   
           
                                                             
                   
Remastérisé dans le cadre de Mons 2015, le film La vie passionnée de Van Gogh est une biographie du peintre incarné par Kirk Douglas, en 1956. Le film sera suivi du documentaire Hollywood au pied du terril qui raconte les coulisses de son tournage mouvementé dans le Borinage.
               
                           
Voir reportage :
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20150222_00605512           
               

 


                    
 

  • Les équipes de la MGM au Borinage : "Hollywood au pied du terril"

    REGIONS | vendredi 20 février 2015 à 12h29

              
  •  

    Philippe Reynaert commissaire de l'exposition

    Philippe Reynaert commissaire de l'exposition "Hollywood au pied du Terril" -  M.Delporte

              
           
           
            Van Gogh est venu deux fois au Borinage. Une première fois en 1879-1880  pour évangéliser les mineurs. Une deuxième fois, presque plus vraie que nature, en la personne de Kirk Douglas pour le tournage de "La vie passionnée de Vincent Van Gogh", un film de Vincente Minnelli sorti en 1956 et filmé en partie au Borinage, l’année précédente. 



           

    Et aujourd’hui, les figurants, les curieux se souviennent encore de l’arrivée de ces grosses voitures au pied des terrils. "On m’avait demandait si je voulais faire du cinéma " explique Monique Caudron. "Vous pensez bien que j’ai dit oui, tout de suite, deux jours après des messieurs sont venus à la maison et ont demandé l’autorisation à maman, j’avais dix ans. Ils nous ont apporté des costumes et j’ai joué une petite fille qui ramassait des cailloux sur le terril. Je devais courir quand on entendait la sirène, annonçant le coup de grisou".

    "Moi j’avais 15 ans à l’époque", explique Victor Cygalek, "et j’ai été payé 150 francs belge par jour, et j’ai tourné deux jours. Vous vous rendez compte ? 8 ans plus tard, je payais mon premier loyer dans la cité à Hornu, il y a en avait pour 200 euros par mois".

    "Ce film a rendu la fierté au Borinage, la mine venait de fermer quand Hollywood a débarqué, on a ressorti les vêtements de travail de nos parents et de ceux qui avaient dû les abandonner à cause de la fermeture et on a pu montrer comment c’était dur le boulot à la mine", témoigne Pierre Lemal, qui cache mal son émotion en se souvenant de ses parents mineurs, aujourd’hui décédés.

    Des témoignages comme ceux-là, Philippe Reynaert, responsable du pôle cinéma pour Mons 2015, et le réalisateur Henri de Gerlache en ont recueilli une quinzaine, tous plus touchants les uns que les autres. Ils les ont intégrés dans un documentaire, particulièrement émouvant, qui retrace l’épopée du tournage.

       
       

    Un choc de culture

     
            
            Derrière cette porte, la loge de Kirk Douglas reconstituée dans l'expo, aux anciens abattoirs        

    Derrière cette porte, la loge de Kirk Douglas reconstituée dans l'expo, aux anciens abattoirs   - M.Delporte

             
        
        

    Et il faut se remettre dans le contexte : 1955, le Borinage commence à décliner, le premier puits ferme un an plus tôt. Hollywood en revanche est au sommet de sa gloire. Quand les véhicules, les caravanes, le matériel de tournage débarquent avec tous ces opérateurs parlant anglais, ça ne passe pas inaperçu.

    Et puis il y a Kirk Douglas, déjà une megastar à l’époque et le célèbre Vincente Minnelli, auteur d’ "Un américain à Paris". Les journalistes de toute la Belgique débarquent pour relater l’événement. Le "Journal de Mons" de l’époque, y envoie même un correspondant permanent.

    Ce qui permet à Philippe Reynaert, d’établir presque un minute par minute des dix jours passés par les équipes de la MGM dans la région.

    "Des anedoctes, on en vraiment beaucoup. Par exemple à la fin de la semaine de tournage, les mineurs veulent payer un verre à Kirk Douglas, avec la ferme intention de l’enterrer. Et Kirk Douglas prend le pari et vient, mais avec une bouteille de Bourbon, et les mineurs eux n’ont jamais bu cela de leur vie, et c’est lui qui les enterrent".

    Philippe Reynaert ne se sort pas indemne de l’aventure, l’appel à témoin a généré une trentaine de témoignages, "c’est un peu comme si on avait ouvert une bouteille de parfum, quand j’ai dit que je faisais une recherche il y a deux ans, tout est arrivé rapidement ". La ville d’Hornu a même ressorti le livre d’or signé à l’époque par toute l’équipe à la maison communale.

    Du côté d’Hollywood, les portes se sont vite ouvertes à la faveur d’une mission princière à Los Angeles, ce qui a permis à Philippe Reynaert, de mettre la main sur le scénario original, les fiches de la scripte, les photos du tournages, les affiches de l’époque.

    Et tout cela, on le retrouve dans l’expo "Hollywood au pied du terril", au milieu du décor de la toute première scène du film. Ça se passe au frigo des Anciens abattoirs de Mons, à côté de l’expo Mons SuperStar, rue de la Trouille. C’est à découvrir aussi dans un guide de l’expo "Journal d’un tournage au Borinage", édité par la Fondation Mons 2015 et vendu au prix de 12 euros.

    Et puis la Warner, actuel propriétaire des droits, a remasterisé le film qui n’a pas pris une ride. Il sera diffusé samedi soir, sur la 3, lundi sur Arte, avec le documentaire de 26 minutes, "Hollywood au pied du terril".

     

    Manu Delporte

     

    Voir article complet :

    http://www.rtbf.be/info/regions/detail_les-equipes-de-la-mgm-au-borinage-hollywood-au-pied-du-terril?id=8911812

     


     

     

    Tournage du film "La vie tragique deVincent Van Gogh"

    (titre original : "Lust for life")

     

    En 1954, la cité du Grand-Hornu servit de cadre à plusieurs séquences du film de Vicente Minelli La vie passionnée de Vincent Van Gogh (incarné par Kirk Douglas).

    (Source : Cartes postales anciennes - Collection Marcel Capouillez)

     

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    Vincente Minnelli, de son vrai nom Lester Anthony Minnelli est un réalisateur américain, né le 28 février 1903 à Chicago, États-Unis et mort le 25 juillet 1986 à Beverly Hills, États-Unis. Vincente Minnelli naît dans une famille de gens du spectacle. Son père, Vincent Minnelli, dirigeait le Minnelli Brothers' Tent Theatre et le jeune Vincente entre dans le monde du spectacle dès l'âge de trois ans. Au début des années 1940, Arthur Freed lui propose de le rejoindre à la MGM. Minnelli trouve alors ternes et statiques les mises en scène hollywoodiennes et entreprend de rendre dans ses films l'atmosphère des artistes qui l'avaient touché, les fauves, les impressionnistes et les surréalistes. Les films de Minnelli sont hauts en couleurs et son habileté à mêler plusieurs styles le rend célèbre. Il recevra 4 Oscars, pour le meilleur réalisateur et le meilleur film.

    (Source : Wikipédia)

     

    Panneau_10____La_Vie_Passionn_e_de_Vincent_Van_Gogh___affiche

     

     

    Kirk Douglas, né Issur Danielovitch Demsky le 9 décembre 1916 à Amsterdam (État de New York), est un acteur, producteur, réalisateur et écrivain américain. C'est le père du comédien et producteur Michael Douglas. Figure majeure du cinéma américain, Kirk Douglas fut l'un des acteurs les plus populaires dans le monde entier dans les années 1950 et ‘60. Nombre de ses films sont devenus des classiques, et il a excellé dans tous les genres. Douglas a tourné avec Stanley Kubrick, Vincente Minnelli, John Huston, Howard Hawks, Otto Preminger, Joseph Leo Mankiewicz, Elia Kazan, Billy Wilder et King Vidor... Ambitieux, séducteur, mégalomane, il fait partie des acteurs américains qui ont le plus marqué la mémoire du public. Sa grande popularité ne s'est jamais démentie et il apparaît aujourd'hui, à 93 ans comme la dernière légende vivante de l'âge d'or d’Hollywood. L'American Film Institute l'a par ailleurs classé 17e plus grande star masculine du cinéma américain de tous les temps en 1999. Retiré du cinéma, il s'occupe de sa fondation pour les enfants défavorisés.

    (Source : Wikipédia)

     

    Film Kirk Douglas au Grand§Hornu

    Kirk Douglas, Grand-Hornu (photo Stidio Hardy, Colfontaine)

     

     

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    Film Minelli § femmes sur terril

    Kirk Douglas & glâneuses sur terril, Hornu (Photo Studio Hardy, Colfontaine)

     

     

    Anc. charbonnage "Les Vannaux", Wasmes, 3 octobre 1955

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Lust for life – La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh

Interview de Jean-Pierre Bertiaux

 

Réalisée par Rino Noviello et Filip Depuydt

Hornu, le 20 juin 2013

 

 

 Panneau_10____La_Vie_Passionn_e_de_Vincent_Van_Gogh___affiche

 

 

« Je suis fier d’avoir été

dans les bras

de Kirk Douglas ! »

 

 

Rino Noviello : Quel âge avez-vous ?

Jean-Pierre Bertiaux : Je vais avoir 69 ans le 8 janvier.  Je suis né en 1945. 

RN : Quel âge aviez-vous lorsque vous étiez figurant pour le film ?

JPB : 10 ans.

 RN : Comment cela s’est-il passé ?  On vous a contacté ?

JPB : Je vais vous expliquer.  J’étais chez moi en train de faire mes devoirs.  Soudain, ma maman me dit : « Jean-Pierre, viens.  Au charbonnage, il y a tout plein de gens.  Tous tes camarades sont là ».  Et je suis parti.  Il y avait des cercles d’hommes, des cercles de femmes, des cercles d’enfants. 

Il y avait un homme qui passait et qui distribuait des petites plaquettes  en disant : « Attention !  Ne la perdez pas.  Demain, à 8 heures, tu viens avec ta plaquette ».  

Donc, le lendemain, tous les gens qui avaient reçu une plaquette et le type nous donnait des vêtements : des vêtements de ce temps-là.

 Tous les jours, c’était la même chose.  A 16 heures, on devait aller rendre la plaquette, et on nous payait.  Directement, ils nous payaient ; je ne me souviens plus si c’était 20 francs par jour.  Et à 17 heures, on faisait encore des farandoles.  Et le type passait encore pour distribuer des plaquettes aux gens.  Donc, tous les soirs, il choisissait des figurants.

Cela a duré 15 jours comme ça.

Un jour, ma maman était avec moi et elle faisait : « Demain, il ne saura pas venir parce qu’il va au coiffeur ». 

Le type lui répond : « Mais Madame, laissez-le venir !  Vous ne voyez pas que, avec les cheveux qu’il a, il fait très misérable.  Madame, il vaut mieux ainsi !  Pour nous-autres, c’est plus intéressant qu’il ait l’air misérable ».  

Je ne sais pas s’il a sorti un billet de 5 francs ou quelque chose, mais Il a pris ma maman pour l’empêcher de m’envoyer  chez le coiffeur et de retourner avec lui ! 

 

 

RN : Le système des plaquettes en question servait à sélectionner les figurants ?

JPB : Tous les jours, ils choisissaient les  gens et ils les payaient dès qu’ils avaient rapporté les plaquettes.  Et après, ils faisaient une nouvelle sélection et recommençaient.

 

 

RN : Combien de séquences avez-vous tournées ?

JPB : J’en ai tourné beaucoup, avec tous les autres enfants bien sûr, mais  j’ai tourné les deux principales.  Je vais vous expliquer comment :

Il y a un homme qui crie après moi.   Il me dit : « Quel âge est-ce que tu as ? ».  J’ai dit : « 10 ans ».  Bon, il me donne un casque, une lampe de mineur et une petite pelle.  A 10 mètres, il y avait un trou.  Il me fait descendre dans le trou.  Dans ce trou on avait installé une petite lampe.  Le type me dit : « Quand la lampe s’allume, tu remontes du trou». 

Donc, j’attendais dans le trou et quand la lampe s’allumait, hup,  je suis remonté.  Il m’avait dit : «  Quand tu remontes, tu viens vers moi ».  Si vous voulez, c’était comme si j’avais fini ma journée et devais rendre mes   outils.  Ce que je ne savais pas, on me l’a dit après, c’est que Kirk Douglas se trouvait sur le côté, et il me regardait sortir du trou.   Et quand je suis arrivé près de l’homme à qui je devais rende mon matériel, c’est à ce moment-là que Kirk Douglas fait : « Quel âge a ce garçon-là ?»   Ca, on l’entend dans le film.  Alors, le type lui répond : « 10 ans ».  C’était la première fois que j’étais avec lui. 

 

 

Frameries - Catastrophe de l'Agrappe 1879 - dessin 

 

Après, à la deuxième partie, j’ai fait encore plus beau.  C’est quand je suis tué dans le coup de grisou.  Ecoutez, je suis  sur le terril à Wasmes qu’on avait bien nettoyé.  Il y avait toutes des femmes et tous des enfants, et on cassait la gaillette.  On est sur le terril quand, tout d’un coup, on entend la sirène qui retentit pour annoncer le coup de grisou.  Toutes les femmes descendent en courant, les enfants aussi, pour se rendre, en courant, au charbonnage.  Quand on arrive dans le charbonnage, on entre dans une grande salle avec tous des types maquillés ; des morts et des enfants et tout ça...  Et il y a un type qui dit : « Toi, tu viens ici avec ton camarade », et il nous   prend tous les deux par le bras.  Puis, Kirk Douglas arrive, me prend dans ces bras et il va me déposer sur une table.  Puis, il prend quelque chose comme un manteau et me recouvre.   

Une coïncidence énorme : l’enfant qu’il prend dans les bras, mort, c’est justement l’enfant à qui il avait demandé : « Quel âge a cet enfant-là ? ».  Il n’aurait pas su savoir que c’était moi, car quand l’homme est arrivé avec les deux enfants, il nous penchait et n’aurait pas su me reconnaître.  C’est une coïncidence incroyable !

 

Il m’allonge donc sur une table, on met quelque chose sur moi et, tout d’un coup, il rentre un type dans la salle… il hurlait à mort !!  D’après le maquillage, il était tout brûlé.  Moi, j’étais sous le manteau ; je ne m’attendais pas à ça, et je bougeais.

Alors le type me dit : « Tu ne peux pas bouger, tu es mort ! »  On a dû refaire la scène 3 à 4 fois. Une fois, il y avait trop de lumière, une fois on tousse, … 

 

Un petit peu après, il vient et me dit : « Tu sais retenir ta respiration ? »   Je lui dis : « Bien oui… ».   Il me dit : « Essaie ».    Et c’était bien.

Puis il dit : « on va venir tout près de toi et je vais te mettre sur la table sans que tu bouges.  Je vais tenir ta cheville, et quand je vais appuyer, tu arrêtes ta respiration ».   Donc, je suis couché, on appuie sur ma cheville et me retire la veste.   C’est alors que je suis filmé.  Et quand on a fini de filmer, on rappuie sur ma cheville, et je peux de nouveau respirer. 

 

Le soir, on se promenait dans les rues où l’on avait nettoyé toutes les rigoles. On avait nettoyé les rigoles à l’aube, bien propre, pour montrer qu’à ce moment-là les enfants jouaient à billes dans les rigoles. 

 

On allait à Wasmes, où il y avait un cinéma ; maintenant on en a fait un home pour les vieux.  On se promenait un peu partout. Les enfants en profitaient pour aller voir un peu par ci, par là. J’ai vu des enfants plus petits que moi encore, et peut-être du même âge, monter dans la gayole. Et la gayole ne descendait peut-être que cinquante centimètres, mais il y en a qui ont hurlé.  Ils avaient peur, bien sûr.  Ceux-là, on leur a dit de se taire.  Il y en a un, il n’arrêtait pas de crier; on l’a fait sortir.  Dans le film, on voit que tous les enfants descendent dans la gayole.

Mais moi, on ne m’a pas fait descendre. Comme je devais être tué dans le coup de grisou,  on ne pouvait pas voir que je descende. Et puis remonte   

 

Et des pellicules de film : des tas comme une maison que j’ai vu brûler !  Je me disais à moi-même : « Ca ne m’étonne pas qu’un film coûte si cher ! »  Et je n’avais encore que 10 ans…

 

Par contre, les adultes, je n’ai pas toujours vu ce qu’ils faisaient, mais ils étaient payés plus que nous-autres. 

 

RN : Alors, vous me disiez que vous étiez fier d’avoir rencontré Kirk Douglas ? 

JPB : Ah oui. De l’avoir vu et surtout  d’avoir été dans ces bras. 

On m’avait dit qu’on tournait un  film avec Kirk Douglas.  J’avais 10 ans, donc je ne le connaissais pas. Mais quand j’ai vieilli, j’ai appris à le connaitre, et c’était un honneur extraordinaire !  J’étais fier.  Je le racontais à tout le monde, mais beaucoup de personnes ne me croyaient pas.  On disait : « Celui-là, c’est un menteur, et si et la.  Mais heureusement, il y en avait quand-même qui s’en souvenaient ! 

 

Hornu - Charbonnage 4 Hornu-Wasmes carte ancienne

 

 

RN : Connaissez-vous  d’autres personnes de la région qui avaient votre âge ?   

JPB : Non, parce que un an après le tournage, mes parents ont déménagé et je ne voyais plus mes camarades du charbonnage 4, actuellement la Cité Van Gogh, à part peut-être un ou deux. 

 

’ailleurs, je ne savais même pas qu’on allait déménager.  J’étais parti à la mer, au « Lys Rouge » à Coxyde.  Et quand je suis descendu du bus en rentrant, ma mère me dit : « Nous n’habitons plus au « Quatre », mais au « Bas Courtils » ».   Je ne savais même pas où cela se trouvait…

Il y a tout de même un camarade qui a récemment été malade et que ma femme et moi sommes allés rendre visite.  Alors, on a parlé un peu de nos souvenirs du tournage avec Kirk Douglas.

 

RN : Kirk Doublas.  Comment était-il ?

JPB : Oh.  Je ne sais plus vraiment vous dire…

RN : Est-ce qu’il était sympa ?

JPB : Je ne sais pas, moi.  Je n’ai jamais eu un mot avec lui.  J’étais enfant.  Il ne m’a jamais adressé la parole.  Je ne lui ai jamais parlé.  Je faisais les scènes qu’on me disait de faire, et c’était tout.

Quand il me prend dans ses bras et me dépose sur une  table sans dire un mot.   De toute façon, j’étais mort.  Il n’allait pas parler à un mort !

 

RN : Est-ce qu’il était difficile de jouer cette scène-là ?

JPB : Bah non.  Il n’y qu’une chose, quand je reçois mon casque et ma lampe de mineur, ils me l’ont fait recommencer cinq, six fois.  Et le type, qui m’avait demandé mon âge et me donné mes outils, me dit : «  Tu sais, pour que ce soit plus vrai, il faut que tu sois un peu fatigué là.  Tu as travaillé toute la journée; quand tu montes avec tous tes outils, il faut que tu sois épuisé ».

Mais ce n’est pas facile quand on n’a que 10 ans.  …

Alors, ils me l’ont fait refaire une dizaine de fois. Je descendais et je remontais  dans le trou.  Ils m’épuisaient un peu à la fois.  Et après une dizaine de fois, je commençais à le sentir. Et cela lui a plu comme ça.

 

RN : Donc, ils ont fait exprès de vous épuiser ? 

JPB : Bah, exprès. .. Il l’ont fait deux, trois fois, remonter pour dire que j’avais été travailler, et pas à la ducasse !

 

RN : Et, est-ce qu’on vous avait maquillé ?

JPB : Non.

RN : Et au niveau des vêtements ?

JPB : C’étaient un court short, une blouse, un faux  châle, …  Des vêtements que mettaient les enfants qui descendaient au fond, qui descendaient travailler au charbonnage. 

 

RN : Tout ça était fourni par l’équipe de cinéma ?

JPB : Ah oui.  Et quand la journée était finie, on devait rendre les outils, toutes les affaires qu’on avait eus.  Après, on rendait notre plaque. Le matin, on devait être là à 8 heures, et on recevait le nécessaire pour les scènes qu’on devait faire. 

Des enfants jouaient dans les rigoles. Il y a beaucoup d’enfants que je n’ai pas vu faire, parce que j’étais occupé à autre chose.  On tournait à plusieurs endroits.

 

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez du matériel qu’il y avait pour le tournage ?  Y avait-il des micros, des caméras ?  Beaucoup de gens ? 

JPB : Je me souviens qu’il y avait un grand escalier et  un homme au-dessus avec un appareil avec lequel il filmait.  Et à chaque fois, il y avait un homme qui criait : « Silence, on tourne ! ».  Alors, on ne pouvait plus parler.

 

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RN : Il le disait en français ou en anglais ?

JPB : En Français.  C’était tous des Belges qui étaient là.

Alors un jour, quand on est revenu de Wasmes, on est arrivé sur la place et il n’y avait  plus rien. On aurait cru qu’il ne s’était rien passé au 4.  Ils étaient déjà tous  partis.  Alors, on a appris qu’ils étaient partis en Hollande, et que sa vie de peintre, donc de Vincent Van Gogh, commençait là en Hollande.   Et l’actrice, la jeune femme qui était là, devant sa femme.  Il parait qu’elle devient sa femme dans le film.

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez de Kirk Douglas physiquement ?  Comment était-il ? Il était grand… ?

JPB : Pour moi, il était assez naturel;  pas plus grand, pas plus petit, pas plus  costaud.  C’était un homme normal, allez.  Pour moi.

 

RN : Avez-vous revu le film après ? 

JPB : Je l’ai vu des années et des années après.  Mais il y avait beaucoup de passages que j’avais faits, mais  pas vus dans le film.  Bien sur, le passage dont je me rappelle, c’est quand Kirk Douglas me demande : « Il a quel âge, cet enfant ? ».  Et le type lui répond : « 10ans ».  Ça, je me rappelle bien. Ça, je me le rappelle vraiment.

Et quand je remonte du trou, je me souviens aussi, et quand il me prend dans les bras et me dépose sur la table.  Je le vois encore très bien; je ne vois pas son visage, mais je vois très bien qu’il me prend dans ses bras et qu’il me dépose.  Je crois que c’était un vieux manteau ou quelque chose qu’il pose sur moi.   Puis, un type qui vient et me dit que je devais retenir ma respiration.  On m’a filmé et quand ils me filmaient, on ne pouvait pas voir que je respirais.   

 

Ce sont toutes de chose dont je me souviens.  J’étais jeune, j’avais 10 ans.

C’est plutôt après, en grandissant, que certains détails me sont revenus ; on a dit ça, on m’a fait faire ça …   Quand on a10 ans, on ne se le rappelle pas.

 

RN : Vous aviez des copains avec vous sur le tournage ?

JPB : Ah oui.  Il y avait tous les copains de la cité : au moins 40 à 50 enfants.  C’était une cité ouvrière.  C’était tous des mineurs qui y habitaient.  Toutes des familles avec 4 à 5 enfants.  Donc, des enfants, il y avait tout plein dans tous les coins !  Depuis, beaucoup de camarades se sont mariés et sont partis habiter ailleurs.  Beaucoup sont décédés.    Si nous étions restés habiter là-bas, j’aurais continué à habiter avec eux.  Mais du fait que mes parents sont venus habiter ici, au Bas Courtils, je n’ai plus revu ces enfants-là.  J’étais trop jeune pour y aller tout seul.

 

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RN : Avec ces 40 enfants sur le plateau, il devait y avoir de l’ambiance, non ?

JPB : C'est-à-dire qu’ils avaient distribué 40 cartons, mais les enfants partaient à différents endroits.  Il y en avait 20 qui étaient partis d’un côté, 10  de l’autre ou 5 encore ailleurs.  On ne restait pas tous les 40 enfants ensemble.  Et comme j’étais parti dans un coin, je ne voyais pas ce qui passait dans un autre.

 

RN : Et quand vous deviez jouer les scènes, y avait-il des moments d’attente ?  Y avait-il des moments morts pour préparer le matériel ?

JPB : C'est-à-dire que j’étais avec un groupe d’enfants,  et on regardait d’autres enfants qui devaient monter dans la gayole pour descendre dans le trou.  C’était pour montrer que les enfants descendaient dans le fond. 

J’étais là, et un type me dit : « Toi, tu viens ici ». 

C’est lui qui m’a demandé mon âge et qui m’a donné le matériel.   Pour moi, tout était déjà prêt pour tourner là scène.  Ils ont choisi un enfant ainsi.  Ca pouvait être moi ou n’importe qui.

 

RN : C’est  donc le hasard qui a joué ?

JPB : Oui.  Bien que, ce qui a toujours frappé dans ma tête, une coïncidence, c’est que justement, il prend un enfant dans ses bras qui a été tué dans le coup de grisou, et c’est justement le même enfant pour lequel il demande l’âge qu’il a.  Je me demandais s’il se rappelait de moi, mais il n’aurait pas su me reconnaitre, car j’avais la tête penchée.  Il n’aurait pas su voir mon visage.  C’est vraiment une coïncidence à 100% !

 

RN : Ah oui, c’est une belle coïncidence.  Est-ce que vous vous souvenez comment cela s’est passé quand l’équipe de tournage est arrivée à la cite du 4 ?  Est-ce qu’il y avait de l’ambiance ?  Est-ce que les gens en parlaient ? 

JPB : Bien sûr.  Les gens en parlaient beaucoup !  Autour du 4, tout le monde en parlait.  Vous vous rendez bien compte : un film américain avec Kirk Douglas à Hornu !  C’était un événement extraordinaire !  On en parlait presque toujours. 

 

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RN : Combien de temps sont-ils restés ?

JPB : Oh, une semaine à quinze jours, je crois. 

Le dernier jour qu’ils ont  tourné, c’était à l’église de Petit-Wasmes, à la Maison du Peuple, à côté de l’église de petit-Wasmes.  Après, quand ils sont revenus, le lendemain matin il n’y avait plus rien.  Ils ont démarré pendant la nuit certainement.  Il n’y avait plus aucune trace.

Ils y avaient fait comme une sorte de galerie où, je m’en souviens très bien, un figurant était couché à plat ventre.  C’était fait en surface, creusé dans le sol,  pour montrer comment le travail se passait dans le fond, dans le charbonnage.

 

RN : Dans l’équipe de cinéma autour, est-ce que vous avez entendu  des personnes des Etats-Unis ?  Ils parlaient l’anglais ?  Avez-vous vu le réalisateur ?

JPB : Non.  C’était toujours le même homme qui s’occupait de moi.  C’est lui aussi qui nous donnait les tickets et qui nous disait : « Ne le perds pas, hein ! ».

On rendait les tickets, on nous payait.  C’était la preuve comme quoi on avait été figurant.  Les gens  devaient se mettre en rang de cercle, et on nous donnait de nouveaux tickets.  

Il y avait des personnes qui ne sont passés qu’une seule fois, d’autres deux à trois jours.

 

RN : Et combien est-ce qu’on vous payait ?

JPB : Sincèrement, je ne saurais plus vous dire.  Vingt francs peut-être…  Mais en ce temps-là, vingt francs, c’était beaucoup.

Je suppose que les enfants recevaient 20 francs et les adultes c’était 50 francs.  A ce moment-là.

 

RN : Cela mettait donc du beurre dans les épinards ?

JPB : Ah oui.  Et j’ai une sœur qui avait joué aussi. 

 

RN : Ah bon ?  Dans le même film ?

JPB : Oui. 

RN : Et quelles scènes a-t-elle joué ?

JPB : Elle était ici dans les rues et pendant que les enfants jouaient à billes, on m’a dit qu’elle avait été sur le dos de Kirk Douglas.  Elle l’a raconté plusieurs fois.  Mais, je ne l’ai pas vu car j’étais d’un autre côté.  Il était gentil avec les enfants. Je ne l’ai jamais vu dire à un enfant : « Va-t-en » ou n’importe quoi.  Oh non !  Bien sûr, il ne fallait pas arriver et sauter sur lui ! 

 

RN : Quand on vous a proposé de tourner, étiez-vous stressés ?  Cela vous a amusé ?  Comment est-ce qu’on vit ça en tant qu’enfant ?

JPB : C’était surtout un honneur.  Je ne me rendais pas vraiment compte.  On était avec tous les enfants.   Qu’est-ce qu’on doit faire ?  Et c’est un peu à la fois qu’on nous apprenait.

 

 

 

RN : Pour en revenir à la scène avec le mort.  C’est amusant la façon dont vous expliquez cette scène-là.  Quand monsieur vous prévient de faire attention quand il appuie sur votre cheville. .. 

JPB : Il me demande si  je sais retenir ma respiration.  Ben oui.  On va essayer.  La première fois, j’essaie.

Il me dit : « On va venir, et je vais me mettre au bout de la table.  Sans qu’on le voit, je vais appuyer. 

 « La première fois que j’appuie sur ta cheville, tu arrêtes ta respiration ».  Donc, il appuie sur ma cheville et j’arrête ma respiration.   On me met le manteau, on prend la caméra, on est en train de me filmer.  Ca ne dure pas longtemps ; 2 à 3  secondes qu’ils me filment.  Puis, ils s’en vont et ils appuient de nouveau sur ma cheville pour dire que c’est tout.  Et c’est fini.

 

RN : Vous vous souvenez à quoi ressemblait la caméra qui vous a filmé ?   Elle était petite ou grande ?

JPB : Sincèrement, quand ils m’ont tiré le manteau et quand ils m’ont fait comprendre que je ne pouvais plus respirer, je ne pouvais pas avoir les yeux ouverts ; j’étais mort.  Alors, je n’aurais su rien voir, hein.  J’étais mort et ne pouvais plus respirer.  Je ne pouvais donc pas ouvrir les yeux et regarder ce qui se passait…  Non, non.  J’ai su qu’on prenait une caméra et qu’on me filmait, mais je ne pouvais pas regarder.  Rien du tout.

 

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RN : Est-ce qu’il y avait des éclairages ?  Des spots pour éclairer la scène ?

JPB : Ecoutez, c’était une salle aussi grande que la place ici plus loin.  Il y avait des tables, des gens qui étaient déjà morts, tous maquillés.  A part moi, il y avait encore 4 ou 5 enfants qui avaient été tués dans le coup de grisou aussi. 

 

RN : Est-ce que vous avez encore fait du cinéma par la suite ?

JPB : Non, c’était l’unique fois !  Je n’ai plus jamais fait du cinéma.

Pourquoi j’ai été méchant, c’est quand on est allé voir ma photo chez le photographe. Des pleurs !  

C’était pour croire qu’on m’avait tout volé !  Mes parents avaient été voir avant pour en avoir deux, trois, mais ils vendaient ça à un prix !!!  On était dix enfants nous-autres, et mes parents n’avaient certainement pas les moyens pour acheter des photos ainsi. 

Il y avait les photos de toutes les scènes.  J’ai donc vu chaque scène à laquelle j’avais participée, mais aussi les autres dans lesquelles je n’avais rien à voir. 

 

RN : Y a-t-il des choses amusantes qui se sont passées durant le tournage ?  Avez-vous entendu des anecdotes un peu particulières ?

JPB : Ecoutez.  On avait fait rentrer tout le monde dans la grande salle de la Maison du Peuple de Petit-Wasmes.  Comme j’allais rentrer dans la salle, un type est arrivé en me disant que je ne pouvais pas rentrer.  On ne pouvait pas me voir, puisque j’étais mort dans une scène précédente.  On me laisse donc à la porte.  Mais j’étais tout seul à la porte …

De l’autre côté, juste à côté de l’église se trouvait une caravane.  A 10 ans, je n’avais jamais vu une caravane ainsi.  Pour moi, c’était un château ! 

 Il y avait une femme, je suppose une jeune fille, une femme, jeune, frêle, bien belle, qui me fait signe.  Elle ouvre la caravane et m’y fait monter.  Elle me demande ce que je fais là.  Alors, je lui explique que je ne peux pas rentrer dans la Maison du Peuple à cause de la scène avec le coup de grisou.  Alors, elle m’apporte une orange et une banane, que j’ai mangées là dans la caravane avec elle.  Cela a duré le temps que tout le monde ressortent de la  Maison du Peuple.

Plus tard, j’ai appris que c’était l’actrice qui deviendrait sa femme en Hollande.  D’Hornu, ils sont partis en Hollande où commence sa vie de peintre.  Il y rencontre cette femme-ci et elle devient sa femme. 

 

 

Pamela Brown

 

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez de la scène qu’on a tournée dans la Maison du Peuple ?

JPB : Non  Il parait qu’ils étaient tous là et que des personnes ont parlé, ont discuté, je ne l’ai jamais vraiment su. 

 

RN : Est-ce qu’on vous a offert une place de cinéma pour aller voir le film ?

JPB : Non.   Je l’ai simplement vu ici à la télévision. 

RN : Combien de temps après ?

JPB : C’est bien plus tard, quand mes parents avaient su acheter leur première télévision.  

Et je me souviens très bien quand j’entendais dans film : « Quel âge a cet enfant ? », que j’ai dit : « Ca, c’est moi !! ».

Mais quand je remontais de la fosse, je ne me suis même pas reconnu.

 

RN : Votre sœur était plus jeune que vous ?

JPB : Oui, on a quasiment le même âge ; elle a un an et huit jours de moins que moi.  Pendant 8 jours, on a le même âge.

 

FD : Comme vous avez été dans les bras de Kirk Douglas, est-ce que vous avez continué à suivre un peu sa carrière ?  Avez-vous vu ses autres films ?   

JPB : Ohlala !  On ne pouvait pas passer un film avec Kirk Douglas que je n’étais pas là !  Vous comprenez bien que j’étais sot de le voir !  Que ce soit n’importe quel film.  On va en montrer un maintenant, je vais encore écouter car je ne vois plus très bien.  Malheureusement, je ne le verrais plus, mais j’entends sa voix et je sais qu’il est là.  Ma femme dit : « Regarde, c’est Kirk Douglas ». 

A partir de ce jour-là, je l’aime énormément.  Si on me demande quel est mon acteur préféré au monde, c’est Kirk Douglas !  Oh oui.  D’ailleurs, il y a certaines scènes qui m’ont tellement marquées que je ne les oublierai jamais !

 

RN : Parmi les films que vous avez vus ensuite, y en a-t-il un que vous aimez particulièrement ?

JPB : Ah oui.  Il y a beaucoup de ses films que j’adore…  Avec les gladiateurs : Ben Hur.

Il faut savoir que j’ai été gravement malade.  Mon cerveau s’est arrêté pendant six semaines (encéphalite). J’étais couché ici et 6 semaines après je me suis réveillé à la clinique.  Je ne connaissais plus ma femme, plus mes enfants, mes parents.  Je ne savais même plus comment je m’appelais.  Le cœur continuait à battre, mais c’est le cerveau qui s’était arrêté.  Carrément.  Alors, j’ai perdu beaucoup beaucoup de ma mémoire.

 

RN : Quelle était votre profession ?

JPB : J’ai travaillé à l’âge de 15 ans dans la faïencerie de Thulin, pour 8,90 francs de l’heure.  Quand je suis rentré la première fois avec ma semaine, j’ai tout mis sur la table en pensant que j’avais gagné des millions.  Peu importe.  J’y ai travaillé pendant 8 ans.

Après, je suis parti travailler dans une usine à tubes à Jemappes, où je suis resté 15 ans. 

J’étais mis au chômage au mois de juin. Mon préavis allait jusqu’au mois de juillet, le mois d’août mon congé payé, et j’ai commencé à pointer le 1er septembre.  Un mois et demi après je suis tombé malade. 

 

 

Hornu, le 20 juin 2013

 

 

 


 

 

Sud Presse

 

 

Kirk Douglas et les Borains

 

<P>Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. <CREDIT> Reprod. archives famille hardy</CREDIT> </P>

Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. Reprod. archives famille hardy

 

n.c.

 

 

Hornu-Wasmes charbonnage

 

En 1955, il a tourné Van Gogh sur nos terrils: Paul Hardy était le photographe de plateau

 

En empruntant l’axiale boraine, vous constaterez l’état de vétusté très avancé d’un imposant bâtiment de mine ayant appartenu au charbonnage d’Hornu-Wasmes, le numéro six pour être précis. Il offre toutefois une importante trace du passé, trace culturelle de toute façon. Et même cinématographique: un certain Kirk Douglas y a tourné, dans le rôle de Van Gogh.

 

Le peintre Vincent Van Gogh a vécu au Borinage entre décembre 1878 et octobre 1880, d’abord comme prêcheur à Petit-Wasmes, puis à Cuesmes, où il est la recherche de lui-même et d’une nouvelle vocation artistique.

 

En 1955, le réalisateur de cinéma Vincente Minelli débarque au studio Hardy à Wasmes. Il cherche un photographe de plateau pour les scènes qu’il compte tourner, dans le Borinage, pour le film sur Vincent Van Gogh, avec Kirk Douglas. Sur les terrils mais aussi sur le site du charbonnage d’Hornu-Wasmes.

 

Il a entendu parler du jeune photographe Paul Hardy et lui demande de travailler pour lui. Il a 22 ans, vient de terminer ses études de photos avec entre autres un stage au studio Haccourt à Paris. Et c’est pour lui une belle occasion de se faire connaître.

 

À 79 ans, Paul Hardy a pris du recul avec la photo et c’est donc sa fille Christine et son époux qui ont repris le négoce local. Avec une légère pointe de nostalgie, ils nous ont ouvert l’album de famille et surtout permis de reproduire quelques clichés pris par Paul Hardy. La gorge légèrement serrée , ils évoquent leurs souvenirs.

 

Lorsque papa évoquait ces moments que je n’ai pas connus, je suis née après, précise Christine, on sentait qu’il avait vécu des journées inoubliables qui l’ont marqué à vie. Encore maintenant il en parle. Il parle souvent de Kirk Douglas, un artiste très jovial et très accessible, tout comme du réalisateur qui a un jour débarqué à la maison demandant s’il était bien chez Paul Hardy et si papa voulait bien être photographe de plateau.

 

Son boulot consistait à faire des photos du tournage pendant la journée. Lorsqu’il rentrait, il développait ses films et ensuite la nuit il imprimait ses photos. ”

 

Celles-ci étaient présentées à Vincente Minelli le lendemain matin et une nouvelle journée commençait.

 

“ C’est clair que pour lui, cela a été un moment intense, magique, exceptionnel. Et lorsque l’occasion se présente de voir ce film, ben... cela nous fait toujours quelque chose!

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - sur le terril

Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. Reprod. archives famille hardy

 

Article de Pascal Tierce

 

 

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - préparation

 

 

 

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - vue depuis terril

 

 

 


 

 

Jean-Pierre Bertiaux (1955)

Film Kerk Douglas - photo Jean-Pierre Bertiaux 10 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Bertiaux (2013)

Film Kerk Douglas - photo Jean-Pierre Bertiaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

Lust for life – La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh

Interview de Jean-Pierre Bertiaux

 

Réalisée par Rino Noviello et Filip Depuydt

Hornu, le 20 juin 2013

 

 

 Panneau_10____La_Vie_Passionn_e_de_Vincent_Van_Gogh___affiche

 

 

« Je suis fier d’avoir été

dans les bras

de Kirk Douglas ! »

 

 

Rino Noviello : Quel âge avez-vous ?

Jean-Pierre Bertiaux : Je vais avoir 69 ans le 8 janvier.  Je suis né en 1945. 

RN : Quel âge aviez-vous lorsque vous étiez figurant pour le film ?

JPB : 10 ans.

 RN : Comment cela s’est-il passé ?  On vous a contacté ?

JPB : Je vais vous expliquer.  J’étais chez moi en train de faire mes devoirs.  Soudain, ma maman me dit : « Jean-Pierre, viens.  Au charbonnage, il y a tout plein de gens.  Tous tes camarades sont là ».  Et je suis parti.  Il y avait des cercles d’hommes, des cercles de femmes, des cercles d’enfants. 

Il y avait un homme qui passait et qui distribuait des petites plaquettes  en disant : « Attention !  Ne la perdez pas.  Demain, à 8 heures, tu viens avec ta plaquette ».  

Donc, le lendemain, tous les gens qui avaient reçu une plaquette et le type nous donnait des vêtements : des vêtements de ce temps-là.

 Tous les jours, c’était la même chose.  A 16 heures, on devait aller rendre la plaquette, et on nous payait.  Directement, ils nous payaient ; je ne me souviens plus si c’était 20 francs par jour.  Et à 17 heures, on faisait encore des farandoles.  Et le type passait encore pour distribuer des plaquettes aux gens.  Donc, tous les soirs, il choisissait des figurants.

Cela a duré 15 jours comme ça.

Un jour, ma maman était avec moi et elle faisait : « Demain, il ne saura pas venir parce qu’il va au coiffeur ». 

Le type lui répond : « Mais Madame, laissez-le venir !  Vous ne voyez pas que, avec les cheveux qu’il a, il fait très misérable.  Madame, il vaut mieux ainsi !  Pour nous-autres, c’est plus intéressant qu’il ait l’air misérable ».  

Je ne sais pas s’il a sorti un billet de 5 francs ou quelque chose, mais Il a pris ma maman pour l’empêcher de m’envoyer  chez le coiffeur et de retourner avec lui ! 

 

 

RN : Le système des plaquettes en question servait à sélectionner les figurants ?

JPB : Tous les jours, ils choisissaient les  gens et ils les payaient dès qu’ils avaient rapporté les plaquettes.  Et après, ils faisaient une nouvelle sélection et recommençaient.

 

 

RN : Combien de séquences avez-vous tournées ?

JPB : J’en ai tourné beaucoup, avec tous les autres enfants bien sûr, mais  j’ai tourné les deux principales.  Je vais vous expliquer comment :

Il y a un homme qui crie après moi.   Il me dit : « Quel âge est-ce que tu as ? ».  J’ai dit : « 10 ans ».  Bon, il me donne un casque, une lampe de mineur et une petite pelle.  A 10 mètres, il y avait un trou.  Il me fait descendre dans le trou.  Dans ce trou on avait installé une petite lampe.  Le type me dit : « Quand la lampe s’allume, tu remontes du trou». 

Donc, j’attendais dans le trou et quand la lampe s’allumait, hup,  je suis remonté.  Il m’avait dit : «  Quand tu remontes, tu viens vers moi ».  Si vous voulez, c’était comme si j’avais fini ma journée et devais rendre mes   outils.  Ce que je ne savais pas, on me l’a dit après, c’est que Kirk Douglas se trouvait sur le côté, et il me regardait sortir du trou.   Et quand je suis arrivé près de l’homme à qui je devais rende mon matériel, c’est à ce moment-là que Kirk Douglas fait : « Quel âge a ce garçon-là ?»   Ca, on l’entend dans le film.  Alors, le type lui répond : « 10 ans ».  C’était la première fois que j’étais avec lui. 

 

 

Frameries - Catastrophe de l'Agrappe 1879 - dessin 

 

Après, à la deuxième partie, j’ai fait encore plus beau.  C’est quand je suis tué dans le coup de grisou.  Ecoutez, je suis  sur le terril à Wasmes qu’on avait bien nettoyé.  Il y avait toutes des femmes et tous des enfants, et on cassait la gaillette.  On est sur le terril quand, tout d’un coup, on entend la sirène qui retentit pour annoncer le coup de grisou.  Toutes les femmes descendent en courant, les enfants aussi, pour se rendre, en courant, au charbonnage.  Quand on arrive dans le charbonnage, on entre dans une grande salle avec tous des types maquillés ; des morts et des enfants et tout ça...  Et il y a un type qui dit : « Toi, tu viens ici avec ton camarade », et il nous   prend tous les deux par le bras.  Puis, Kirk Douglas arrive, me prend dans ces bras et il va me déposer sur une table.  Puis, il prend quelque chose comme un manteau et me recouvre.   

Une coïncidence énorme : l’enfant qu’il prend dans les bras, mort, c’est justement l’enfant à qui il avait demandé : « Quel âge a cet enfant-là ? ».  Il n’aurait pas su savoir que c’était moi, car quand l’homme est arrivé avec les deux enfants, il nous penchait et n’aurait pas su me reconnaître.  C’est une coïncidence incroyable !

 

Il m’allonge donc sur une table, on met quelque chose sur moi et, tout d’un coup, il rentre un type dans la salle… il hurlait à mort !!  D’après le maquillage, il était tout brûlé.  Moi, j’étais sous le manteau ; je ne m’attendais pas à ça, et je bougeais.

Alors le type me dit : « Tu ne peux pas bouger, tu es mort ! »  On a dû refaire la scène 3 à 4 fois. Une fois, il y avait trop de lumière, une fois on tousse, … 

 

Un petit peu après, il vient et me dit : « Tu sais retenir ta respiration ? »   Je lui dis : « Bien oui… ».   Il me dit : « Essaie ».    Et c’était bien.

Puis il dit : « on va venir tout près de toi et je vais te mettre sur la table sans que tu bouges.  Je vais tenir ta cheville, et quand je vais appuyer, tu arrêtes ta respiration ».   Donc, je suis couché, on appuie sur ma cheville et me retire la veste.   C’est alors que je suis filmé.  Et quand on a fini de filmer, on rappuie sur ma cheville, et je peux de nouveau respirer. 

 

Le soir, on se promenait dans les rues où l’on avait nettoyé toutes les rigoles. On avait nettoyé les rigoles à l’aube, bien propre, pour montrer qu’à ce moment-là les enfants jouaient à billes dans les rigoles. 

 

On allait à Wasmes, où il y avait un cinéma ; maintenant on en a fait un home pour les vieux.  On se promenait un peu partout. Les enfants en profitaient pour aller voir un peu par ci, par là. J’ai vu des enfants plus petits que moi encore, et peut-être du même âge, monter dans la gayole. Et la gayole ne descendait peut-être que cinquante centimètres, mais il y en a qui ont hurlé.  Ils avaient peur, bien sûr.  Ceux-là, on leur a dit de se taire.  Il y en a un, il n’arrêtait pas de crier; on l’a fait sortir.  Dans le film, on voit que tous les enfants descendent dans la gayole.

Mais moi, on ne m’a pas fait descendre. Comme je devais être tué dans le coup de grisou,  on ne pouvait pas voir que je descende. Et puis remonte   

 

Et des pellicules de film : des tas comme une maison que j’ai vu brûler !  Je me disais à moi-même : « Ca ne m’étonne pas qu’un film coûte si cher ! »  Et je n’avais encore que 10 ans…

 

Par contre, les adultes, je n’ai pas toujours vu ce qu’ils faisaient, mais ils étaient payés plus que nous-autres. 

 

RN : Alors, vous me disiez que vous étiez fier d’avoir rencontré Kirk Douglas ? 

JPB : Ah oui. De l’avoir vu et surtout  d’avoir été dans ces bras. 

On m’avait dit qu’on tournait un  film avec Kirk Douglas.  J’avais 10 ans, donc je ne le connaissais pas. Mais quand j’ai vieilli, j’ai appris à le connaitre, et c’était un honneur extraordinaire !  J’étais fier.  Je le racontais à tout le monde, mais beaucoup de personnes ne me croyaient pas.  On disait : « Celui-là, c’est un menteur, et si et la.  Mais heureusement, il y en avait quand-même qui s’en souvenaient ! 

 

Hornu - Charbonnage 4 Hornu-Wasmes carte ancienne

 

 

RN : Connaissez-vous  d’autres personnes de la région qui avaient votre âge ?   

JPB : Non, parce que un an après le tournage, mes parents ont déménagé et je ne voyais plus mes camarades du charbonnage 4, actuellement la Cité Van Gogh, à part peut-être un ou deux. 

 

’ailleurs, je ne savais même pas qu’on allait déménager.  J’étais parti à la mer, au « Lys Rouge » à Coxyde.  Et quand je suis descendu du bus en rentrant, ma mère me dit : « Nous n’habitons plus au « Quatre », mais au « Bas Courtils » ».   Je ne savais même pas où cela se trouvait…

Il y a tout de même un camarade qui a récemment été malade et que ma femme et moi sommes allés rendre visite.  Alors, on a parlé un peu de nos souvenirs du tournage avec Kirk Douglas.

 

RN : Kirk Doublas.  Comment était-il ?

JPB : Oh.  Je ne sais plus vraiment vous dire…

RN : Est-ce qu’il était sympa ?

JPB : Je ne sais pas, moi.  Je n’ai jamais eu un mot avec lui.  J’étais enfant.  Il ne m’a jamais adressé la parole.  Je ne lui ai jamais parlé.  Je faisais les scènes qu’on me disait de faire, et c’était tout.

Quand il me prend dans ses bras et me dépose sur une  table sans dire un mot.   De toute façon, j’étais mort.  Il n’allait pas parler à un mort !

 

RN : Est-ce qu’il était difficile de jouer cette scène-là ?

JPB : Bah non.  Il n’y qu’une chose, quand je reçois mon casque et ma lampe de mineur, ils me l’ont fait recommencer cinq, six fois.  Et le type, qui m’avait demandé mon âge et me donné mes outils, me dit : «  Tu sais, pour que ce soit plus vrai, il faut que tu sois un peu fatigué là.  Tu as travaillé toute la journée; quand tu montes avec tous tes outils, il faut que tu sois épuisé ».

Mais ce n’est pas facile quand on n’a que 10 ans.  …

Alors, ils me l’ont fait refaire une dizaine de fois. Je descendais et je remontais  dans le trou.  Ils m’épuisaient un peu à la fois.  Et après une dizaine de fois, je commençais à le sentir. Et cela lui a plu comme ça.

 

RN : Donc, ils ont fait exprès de vous épuiser ? 

JPB : Bah, exprès. .. Il l’ont fait deux, trois fois, remonter pour dire que j’avais été travailler, et pas à la ducasse !

 

RN : Et, est-ce qu’on vous avait maquillé ?

JPB : Non.

RN : Et au niveau des vêtements ?

JPB : C’étaient un court short, une blouse, un faux  châle, …  Des vêtements que mettaient les enfants qui descendaient au fond, qui descendaient travailler au charbonnage. 

 

RN : Tout ça était fourni par l’équipe de cinéma ?

JPB : Ah oui.  Et quand la journée était finie, on devait rendre les outils, toutes les affaires qu’on avait eus.  Après, on rendait notre plaque. Le matin, on devait être là à 8 heures, et on recevait le nécessaire pour les scènes qu’on devait faire. 

Des enfants jouaient dans les rigoles. Il y a beaucoup d’enfants que je n’ai pas vu faire, parce que j’étais occupé à autre chose.  On tournait à plusieurs endroits.

 

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez du matériel qu’il y avait pour le tournage ?  Y avait-il des micros, des caméras ?  Beaucoup de gens ? 

JPB : Je me souviens qu’il y avait un grand escalier et  un homme au-dessus avec un appareil avec lequel il filmait.  Et à chaque fois, il y avait un homme qui criait : « Silence, on tourne ! ».  Alors, on ne pouvait plus parler.

 

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RN : Il le disait en français ou en anglais ?

JPB : En Français.  C’était tous des Belges qui étaient là.

Alors un jour, quand on est revenu de Wasmes, on est arrivé sur la place et il n’y avait  plus rien. On aurait cru qu’il ne s’était rien passé au 4.  Ils étaient déjà tous  partis.  Alors, on a appris qu’ils étaient partis en Hollande, et que sa vie de peintre, donc de Vincent Van Gogh, commençait là en Hollande.   Et l’actrice, la jeune femme qui était là, devant sa femme.  Il parait qu’elle devient sa femme dans le film.

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez de Kirk Douglas physiquement ?  Comment était-il ? Il était grand… ?

JPB : Pour moi, il était assez naturel;  pas plus grand, pas plus petit, pas plus  costaud.  C’était un homme normal, allez.  Pour moi.

 

RN : Avez-vous revu le film après ? 

JPB : Je l’ai vu des années et des années après.  Mais il y avait beaucoup de passages que j’avais faits, mais  pas vus dans le film.  Bien sur, le passage dont je me rappelle, c’est quand Kirk Douglas me demande : « Il a quel âge, cet enfant ? ».  Et le type lui répond : « 10ans ».  Ça, je me rappelle bien. Ça, je me le rappelle vraiment.

Et quand je remonte du trou, je me souviens aussi, et quand il me prend dans les bras et me dépose sur la table.  Je le vois encore très bien; je ne vois pas son visage, mais je vois très bien qu’il me prend dans ses bras et qu’il me dépose.  Je crois que c’était un vieux manteau ou quelque chose qu’il pose sur moi.   Puis, un type qui vient et me dit que je devais retenir ma respiration.  On m’a filmé et quand ils me filmaient, on ne pouvait pas voir que je respirais.   

 

Ce sont toutes de chose dont je me souviens.  J’étais jeune, j’avais 10 ans.

C’est plutôt après, en grandissant, que certains détails me sont revenus ; on a dit ça, on m’a fait faire ça …   Quand on a10 ans, on ne se le rappelle pas.

 

RN : Vous aviez des copains avec vous sur le tournage ?

JPB : Ah oui.  Il y avait tous les copains de la cité : au moins 40 à 50 enfants.  C’était une cité ouvrière.  C’était tous des mineurs qui y habitaient.  Toutes des familles avec 4 à 5 enfants.  Donc, des enfants, il y avait tout plein dans tous les coins !  Depuis, beaucoup de camarades se sont mariés et sont partis habiter ailleurs.  Beaucoup sont décédés.    Si nous étions restés habiter là-bas, j’aurais continué à habiter avec eux.  Mais du fait que mes parents sont venus habiter ici, au Bas Courtils, je n’ai plus revu ces enfants-là.  J’étais trop jeune pour y aller tout seul.

 

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RN : Avec ces 40 enfants sur le plateau, il devait y avoir de l’ambiance, non ?

JPB : C'est-à-dire qu’ils avaient distribué 40 cartons, mais les enfants partaient à différents endroits.  Il y en avait 20 qui étaient partis d’un côté, 10  de l’autre ou 5 encore ailleurs.  On ne restait pas tous les 40 enfants ensemble.  Et comme j’étais parti dans un coin, je ne voyais pas ce qui passait dans un autre.

 

RN : Et quand vous deviez jouer les scènes, y avait-il des moments d’attente ?  Y avait-il des moments morts pour préparer le matériel ?

JPB : C'est-à-dire que j’étais avec un groupe d’enfants,  et on regardait d’autres enfants qui devaient monter dans la gayole pour descendre dans le trou.  C’était pour montrer que les enfants descendaient dans le fond. 

J’étais là, et un type me dit : « Toi, tu viens ici ». 

C’est lui qui m’a demandé mon âge et qui m’a donné le matériel.   Pour moi, tout était déjà prêt pour tourner là scène.  Ils ont choisi un enfant ainsi.  Ca pouvait être moi ou n’importe qui.

 

RN : C’est  donc le hasard qui a joué ?

JPB : Oui.  Bien que, ce qui a toujours frappé dans ma tête, une coïncidence, c’est que justement, il prend un enfant dans ses bras qui a été tué dans le coup de grisou, et c’est justement le même enfant pour lequel il demande l’âge qu’il a.  Je me demandais s’il se rappelait de moi, mais il n’aurait pas su me reconnaitre, car j’avais la tête penchée.  Il n’aurait pas su voir mon visage.  C’est vraiment une coïncidence à 100% !

 

RN : Ah oui, c’est une belle coïncidence.  Est-ce que vous vous souvenez comment cela s’est passé quand l’équipe de tournage est arrivée à la cite du 4 ?  Est-ce qu’il y avait de l’ambiance ?  Est-ce que les gens en parlaient ? 

JPB : Bien sûr.  Les gens en parlaient beaucoup !  Autour du 4, tout le monde en parlait.  Vous vous rendez bien compte : un film américain avec Kirk Douglas à Hornu !  C’était un événement extraordinaire !  On en parlait presque toujours. 

 

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RN : Combien de temps sont-ils restés ?

JPB : Oh, une semaine à quinze jours, je crois. 

Le dernier jour qu’ils ont  tourné, c’était à l’église de Petit-Wasmes, à la Maison du Peuple, à côté de l’église de petit-Wasmes.  Après, quand ils sont revenus, le lendemain matin il n’y avait plus rien.  Ils ont démarré pendant la nuit certainement.  Il n’y avait plus aucune trace.

Ils y avaient fait comme une sorte de galerie où, je m’en souviens très bien, un figurant était couché à plat ventre.  C’était fait en surface, creusé dans le sol,  pour montrer comment le travail se passait dans le fond, dans le charbonnage.

 

RN : Dans l’équipe de cinéma autour, est-ce que vous avez entendu  des personnes des Etats-Unis ?  Ils parlaient l’anglais ?  Avez-vous vu le réalisateur ?

JPB : Non.  C’était toujours le même homme qui s’occupait de moi.  C’est lui aussi qui nous donnait les tickets et qui nous disait : « Ne le perds pas, hein ! ».

On rendait les tickets, on nous payait.  C’était la preuve comme quoi on avait été figurant.  Les gens  devaient se mettre en rang de cercle, et on nous donnait de nouveaux tickets.  

Il y avait des personnes qui ne sont passés qu’une seule fois, d’autres deux à trois jours.

 

RN : Et combien est-ce qu’on vous payait ?

JPB : Sincèrement, je ne saurais plus vous dire.  Vingt francs peut-être…  Mais en ce temps-là, vingt francs, c’était beaucoup.

Je suppose que les enfants recevaient 20 francs et les adultes c’était 50 francs.  A ce moment-là.

 

RN : Cela mettait donc du beurre dans les épinards ?

JPB : Ah oui.  Et j’ai une sœur qui avait joué aussi. 

 

RN : Ah bon ?  Dans le même film ?

JPB : Oui. 

RN : Et quelles scènes a-t-elle joué ?

JPB : Elle était ici dans les rues et pendant que les enfants jouaient à billes, on m’a dit qu’elle avait été sur le dos de Kirk Douglas.  Elle l’a raconté plusieurs fois.  Mais, je ne l’ai pas vu car j’étais d’un autre côté.  Il était gentil avec les enfants. Je ne l’ai jamais vu dire à un enfant : « Va-t-en » ou n’importe quoi.  Oh non !  Bien sûr, il ne fallait pas arriver et sauter sur lui ! 

 

RN : Quand on vous a proposé de tourner, étiez-vous stressés ?  Cela vous a amusé ?  Comment est-ce qu’on vit ça en tant qu’enfant ?

JPB : C’était surtout un honneur.  Je ne me rendais pas vraiment compte.  On était avec tous les enfants.   Qu’est-ce qu’on doit faire ?  Et c’est un peu à la fois qu’on nous apprenait.

 

 

 

RN : Pour en revenir à la scène avec le mort.  C’est amusant la façon dont vous expliquez cette scène-là.  Quand monsieur vous prévient de faire attention quand il appuie sur votre cheville. .. 

JPB : Il me demande si  je sais retenir ma respiration.  Ben oui.  On va essayer.  La première fois, j’essaie.

Il me dit : « On va venir, et je vais me mettre au bout de la table.  Sans qu’on le voit, je vais appuyer. 

 « La première fois que j’appuie sur ta cheville, tu arrêtes ta respiration ».  Donc, il appuie sur ma cheville et j’arrête ma respiration.   On me met le manteau, on prend la caméra, on est en train de me filmer.  Ca ne dure pas longtemps ; 2 à 3  secondes qu’ils me filment.  Puis, ils s’en vont et ils appuient de nouveau sur ma cheville pour dire que c’est tout.  Et c’est fini.

 

RN : Vous vous souvenez à quoi ressemblait la caméra qui vous a filmé ?   Elle était petite ou grande ?

JPB : Sincèrement, quand ils m’ont tiré le manteau et quand ils m’ont fait comprendre que je ne pouvais plus respirer, je ne pouvais pas avoir les yeux ouverts ; j’étais mort.  Alors, je n’aurais su rien voir, hein.  J’étais mort et ne pouvais plus respirer.  Je ne pouvais donc pas ouvrir les yeux et regarder ce qui se passait…  Non, non.  J’ai su qu’on prenait une caméra et qu’on me filmait, mais je ne pouvais pas regarder.  Rien du tout.

 

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RN : Est-ce qu’il y avait des éclairages ?  Des spots pour éclairer la scène ?

JPB : Ecoutez, c’était une salle aussi grande que la place ici plus loin.  Il y avait des tables, des gens qui étaient déjà morts, tous maquillés.  A part moi, il y avait encore 4 ou 5 enfants qui avaient été tués dans le coup de grisou aussi. 

 

RN : Est-ce que vous avez encore fait du cinéma par la suite ?

JPB : Non, c’était l’unique fois !  Je n’ai plus jamais fait du cinéma.

Pourquoi j’ai été méchant, c’est quand on est allé voir ma photo chez le photographe. Des pleurs !  

C’était pour croire qu’on m’avait tout volé !  Mes parents avaient été voir avant pour en avoir deux, trois, mais ils vendaient ça à un prix !!!  On était dix enfants nous-autres, et mes parents n’avaient certainement pas les moyens pour acheter des photos ainsi. 

Il y avait les photos de toutes les scènes.  J’ai donc vu chaque scène à laquelle j’avais participée, mais aussi les autres dans lesquelles je n’avais rien à voir. 

 

RN : Y a-t-il des choses amusantes qui se sont passées durant le tournage ?  Avez-vous entendu des anecdotes un peu particulières ?

JPB : Ecoutez.  On avait fait rentrer tout le monde dans la grande salle de la Maison du Peuple de Petit-Wasmes.  Comme j’allais rentrer dans la salle, un type est arrivé en me disant que je ne pouvais pas rentrer.  On ne pouvait pas me voir, puisque j’étais mort dans une scène précédente.  On me laisse donc à la porte.  Mais j’étais tout seul à la porte …

De l’autre côté, juste à côté de l’église se trouvait une caravane.  A 10 ans, je n’avais jamais vu une caravane ainsi.  Pour moi, c’était un château ! 

 Il y avait une femme, je suppose une jeune fille, une femme, jeune, frêle, bien belle, qui me fait signe.  Elle ouvre la caravane et m’y fait monter.  Elle me demande ce que je fais là.  Alors, je lui explique que je ne peux pas rentrer dans la Maison du Peuple à cause de la scène avec le coup de grisou.  Alors, elle m’apporte une orange et une banane, que j’ai mangées là dans la caravane avec elle.  Cela a duré le temps que tout le monde ressortent de la  Maison du Peuple.

Plus tard, j’ai appris que c’était l’actrice qui deviendrait sa femme en Hollande.  D’Hornu, ils sont partis en Hollande où commence sa vie de peintre.  Il y rencontre cette femme-ci et elle devient sa femme. 

 

 

Pamela Brown

 

 

RN : Est-ce que vous vous souvenez de la scène qu’on a tournée dans la Maison du Peuple ?

JPB : Non  Il parait qu’ils étaient tous là et que des personnes ont parlé, ont discuté, je ne l’ai jamais vraiment su. 

 

RN : Est-ce qu’on vous a offert une place de cinéma pour aller voir le film ?

JPB : Non.   Je l’ai simplement vu ici à la télévision. 

RN : Combien de temps après ?

JPB : C’est bien plus tard, quand mes parents avaient su acheter leur première télévision.  

Et je me souviens très bien quand j’entendais dans film : « Quel âge a cet enfant ? », que j’ai dit : « Ca, c’est moi !! ».

Mais quand je remontais de la fosse, je ne me suis même pas reconnu.

 

RN : Votre sœur était plus jeune que vous ?

JPB : Oui, on a quasiment le même âge ; elle a un an et huit jours de moins que moi.  Pendant 8 jours, on a le même âge.

 

FD : Comme vous avez été dans les bras de Kirk Douglas, est-ce que vous avez continué à suivre un peu sa carrière ?  Avez-vous vu ses autres films ?   

JPB : Ohlala !  On ne pouvait pas passer un film avec Kirk Douglas que je n’étais pas là !  Vous comprenez bien que j’étais sot de le voir !  Que ce soit n’importe quel film.  On va en montrer un maintenant, je vais encore écouter car je ne vois plus très bien.  Malheureusement, je ne le verrais plus, mais j’entends sa voix et je sais qu’il est là.  Ma femme dit : « Regarde, c’est Kirk Douglas ». 

A partir de ce jour-là, je l’aime énormément.  Si on me demande quel est mon acteur préféré au monde, c’est Kirk Douglas !  Oh oui.  D’ailleurs, il y a certaines scènes qui m’ont tellement marquées que je ne les oublierai jamais !

 

RN : Parmi les films que vous avez vus ensuite, y en a-t-il un que vous aimez particulièrement ?

JPB : Ah oui.  Il y a beaucoup de ses films que j’adore…  Avec les gladiateurs : Ben Hur.

Il faut savoir que j’ai été gravement malade.  Mon cerveau s’est arrêté pendant six semaines (encéphalite). J’étais couché ici et 6 semaines après je me suis réveillé à la clinique.  Je ne connaissais plus ma femme, plus mes enfants, mes parents.  Je ne savais même plus comment je m’appelais.  Le cœur continuait à battre, mais c’est le cerveau qui s’était arrêté.  Carrément.  Alors, j’ai perdu beaucoup beaucoup de ma mémoire.

 

RN : Quelle était votre profession ?

JPB : J’ai travaillé à l’âge de 15 ans dans la faïencerie de Thulin, pour 8,90 francs de l’heure.  Quand je suis rentré la première fois avec ma semaine, j’ai tout mis sur la table en pensant que j’avais gagné des millions.  Peu importe.  J’y ai travaillé pendant 8 ans.

Après, je suis parti travailler dans une usine à tubes à Jemappes, où je suis resté 15 ans. 

J’étais mis au chômage au mois de juin. Mon préavis allait jusqu’au mois de juillet, le mois d’août mon congé payé, et j’ai commencé à pointer le 1er septembre.  Un mois et demi après je suis tombé malade. 

 

 

Hornu, le 20 juin 2013

 

 

 


 

 

Sud Presse

 

 

Kirk Douglas et les Borains

 

<P>Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. <CREDIT> Reprod. archives famille hardy</CREDIT> </P>

Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. Reprod. archives famille hardy

 

n.c.

 

 

Hornu-Wasmes charbonnage

 

En 1955, il a tourné Van Gogh sur nos terrils: Paul Hardy était le photographe de plateau

 

En empruntant l’axiale boraine, vous constaterez l’état de vétusté très avancé d’un imposant bâtiment de mine ayant appartenu au charbonnage d’Hornu-Wasmes, le numéro six pour être précis. Il offre toutefois une importante trace du passé, trace culturelle de toute façon. Et même cinématographique: un certain Kirk Douglas y a tourné, dans le rôle de Van Gogh.

 

Le peintre Vincent Van Gogh a vécu au Borinage entre décembre 1878 et octobre 1880, d’abord comme prêcheur à Petit-Wasmes, puis à Cuesmes, où il est la recherche de lui-même et d’une nouvelle vocation artistique.

 

En 1955, le réalisateur de cinéma Vincente Minelli débarque au studio Hardy à Wasmes. Il cherche un photographe de plateau pour les scènes qu’il compte tourner, dans le Borinage, pour le film sur Vincent Van Gogh, avec Kirk Douglas. Sur les terrils mais aussi sur le site du charbonnage d’Hornu-Wasmes.

 

Il a entendu parler du jeune photographe Paul Hardy et lui demande de travailler pour lui. Il a 22 ans, vient de terminer ses études de photos avec entre autres un stage au studio Haccourt à Paris. Et c’est pour lui une belle occasion de se faire connaître.

 

À 79 ans, Paul Hardy a pris du recul avec la photo et c’est donc sa fille Christine et son époux qui ont repris le négoce local. Avec une légère pointe de nostalgie, ils nous ont ouvert l’album de famille et surtout permis de reproduire quelques clichés pris par Paul Hardy. La gorge légèrement serrée , ils évoquent leurs souvenirs.

 

Lorsque papa évoquait ces moments que je n’ai pas connus, je suis née après, précise Christine, on sentait qu’il avait vécu des journées inoubliables qui l’ont marqué à vie. Encore maintenant il en parle. Il parle souvent de Kirk Douglas, un artiste très jovial et très accessible, tout comme du réalisateur qui a un jour débarqué à la maison demandant s’il était bien chez Paul Hardy et si papa voulait bien être photographe de plateau.

 

Son boulot consistait à faire des photos du tournage pendant la journée. Lorsqu’il rentrait, il développait ses films et ensuite la nuit il imprimait ses photos. ”

 

Celles-ci étaient présentées à Vincente Minelli le lendemain matin et une nouvelle journée commençait.

 

“ C’est clair que pour lui, cela a été un moment intense, magique, exceptionnel. Et lorsque l’occasion se présente de voir ce film, ben... cela nous fait toujours quelque chose!

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - sur le terril

Kirk Douglas sur un terril borain et sur les traces de Vincent Van Gogh. Reprod. archives famille hardy

 

Article de Pascal Tierce

 

 

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - préparation

 

 

 

 

Tournage Kirk Douglas - Photo Studio Hardy - vue depuis terril

 

 

 


 

 

Jean-Pierre Bertiaux (1955)

Film Kerk Douglas - photo Jean-Pierre Bertiaux 10 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Bertiaux (2013)

Film Kerk Douglas - photo Jean-Pierre Bertiaux