Frameries - Commémoration de la catastrophe de l'Agrappe

 

 

 

21 avril 2014 20:00

 

17 avril 1879, 121 mineurs sont tué dans un coup de grisou au charbonnage de l'Agrappe à Frameries.  Le syndicat d'initiative de la commune et les mineurs  de l'association devoir de mémoire du Fief de Lambrechies ont tenu à commémorer cet événement. Une première. 
 

Voir le reportage : http://www.telemb.be/les-reportages-frameries-commemoration-de-la-catastrophe-de-l-agrappe_d_12519.html

 

 

Frameries - Catastrophe de l'Agrappe 1879 - dessin

 

 

 

Catastrophe de l’Agrappe

(Frameries, 17 avril 1879)

 

Panneau_8___Frameries_Charbonnage_de_l_Agrappe_Bureaux

Panneau_8___Frameries_Cour_de_l_Agrappe_carte_ancienne

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Agrappe, «Sinistre Fosse», mangeuse d’hommes qui a causé tant de malheur et fait couler tant de larmes ! A ceux qui méconnaissent trop souvent le droit à la considération qui se sont acquis les mineurs borains, des fosses comme celle de la Cour de l’Agrappe, témoins irrécusables de leur abnégation, sont là pour rappeler leurs obscurs sacrifices et le lourd tribut
qu’ils ont payé à leur pénible métier.

Puits n° 2 de la Compagnie des Charbonnages Belges, dit : l’Agrappe, la Sinistre Fosse.
Coups de grisou :
 En 1758 : 8 morts
 De 1766 à 1790 : 30 coups de grisous (!) font de nombreuses victimes
 En 1847 : 7 morts
 Le 12 janvier 1864 : 15 morts
 Le 29 juillet 1874, à l’étage 180 : 9 morts
 Le 16 décembre 1875, aux étages 520 et 560 : 112 morts
 Le 14 août 1876 : 4 morts
 Le 17 avril 1879, à l’étage 620 : 121 morts
 Le 1er septembre 1892 : 28 morts
Ce puits est de loin le plus meurtrier de tout le bassin Borain. Il fut fermé en 1922.

(Source : Cartes postales anciennes du Borinage, collection de Marcel Capouillez)

 

Panneau_8___Frameries___Charbonnage_de_l_Agrappe

 

A Frameries, lors du coup de grisou de 1879, Vincent Van Gogh viendra soigner les blessés; l’académicien Louis Piérard en parle dans son ouvrage La Vie tragique de Vincent Van Gogh :

« 1879 : année tragique : une épidémie de fièvre typhoïde (la sotte fièvre) survint et puis la grande catastrophe endeuilla le pays (coup de grisou de l’Agrappe à Frameries). Vincent se dévoua sans compter pour soigner les blessés et les malades et les brûlés du grisou, au visage noir et boursouflé».

« …Est-ce que dans le temps je t’ai raconté de ce mineur gravement blessé par suite d’une explosion de grisou ? Dieu merci il est guéri maintenant, il sort déjà et commence à marcher pour reprendre la coutume, ses mains sont encore très faibles et ça durera encore tout un temps avant qu’il sache de nouveau les employer au travail, mais il est sauvé… »

(Extrait de la lettre 151 (NL) à Théo, Wasmes, 1er et 16 avril 1879)

 

Agrappe - carte ancienne - livre Richard Miller

 

« … Cette même année arriva une explosion de grisou au puits n° 1 du Charbonnage belge où plusieurs ouvriers furent brûlés. Notre ami Vincent n'eut aucun repos : jour et nuit découpant le reste de son linge, pour en fabriquer des grandes bandes avec de la cire et de l'huile d'olives, pour courir aux brûlés de la catastrophe… »

(Extrait de la lettre de Jean Denis à Louis Piérard)
(Source : Vie tragique de Vincent Van Gogh, Louis Piérard)

 

Panneau_8_Les_Enfants_de_la_Mine___coup_de_grisou

 

« Coup de grisou au puits n° 2 de la Compagnie des Charbonnages Belges ».
Le 17 avril 1879, à l’étage 620, plus de 200 mineurs sont au travail. A 7h30, un dégagement d’une violence extrême se produit. Le grisou envahit toutes les galeries et remonte jusqu’au jour par le puits d’extraction. Là, il s’enflamme au contact du foyer dans la cabine du mécanicien. Une explosion formidable dont le bruit se propage jusqu’aux villages voisins se produit et le mécanicien, projeté comme une pierre à travers le toit, s’affale sur la crête où il brûle comme une torche sous les regards horrifiés des assistants impuissants à lui porter secours. Les cordes flambent et précipitent les cages au fond du puits. Les explosions se succèdent toute la matinée s’annonçant par des grondements souterrains terrifiants.
A 15h, les premiers secours descendent. Aussi incroyable qu’inattendu, les sauveteurs ramènent 84 survivants à la surface.
Cependant le bilan est très lourd : 121 morts.

 

 

Agrappe catastrophe 1879 - dessin